Îles Grecques Hors des Sentiers Battus : Milos, Folegandros et Amorgos
Loin de l’agitation de Santorin et Mykonos, la Grèce recèle d’îles discrètes qui ont su préserver leur caractère authentique. Milos, Folegandros et Amorgos incarnent cette Grèce intemporelle, où les villages blancs se fondent dans des paysages sauvages et où l’hospitalité reste un art de vivre.
Milos : La Perle Volcanique des Cyclades
Milos séduit d’emblée par sa géologie spectaculaire. Issue d’une activité volcanique intense, l’île dévoile plus de 70 plages, chacune avec sa propre identité chromatique. Sarakiniko, avec ses formations rocheuses blanches sculptées par le vent, évoque un paysage lunaire. Kleftiko, accessible uniquement par bateau, offre des arches rocheuses majestueuses émergeant d’eaux turquoise.
Le village de pêcheurs de Klima se distingue par ses « syrmata », garages à bateaux colorés construits directement sur l’eau. Plaka, la capitale perchée, offre un labyrinthe de ruelles où se perdre au coucher du soleil, avec une vue panoramique sur la mer Égée.
Meilleure période : Mai-juin et septembre-octobre. L’été reste agréable mais plus fréquenté. Les liaisons maritimes sont optimales d’avril à octobre.
Folegandros : L’Âme Cycladique Préservée
Folegandros cultive une sobriété élégante qui contraste avec le bling-bling de ses voisines célèbres. La Chora, juchée sur une falaise vertigineuse, est un chef-d’œuvre d’architecture cycladique. Ses trois places interconnectées, ses églises byzantines et son kastro médiéval invitent à la flânerie contemplative.
Le sentier menant à l’église de Panagia, perchée à 200 mètres au-dessus de la mer, récompense l’effort par un panorama époustouflant. Les plages comme Katergo et Agios Nikolaos restent sauvages et peu fréquentées, accessibles par sentiers ou caïques traditionnels.
L’île n’a ni aéroport ni port naturel profond - ce qui explique sa préservation. Cette « difficulté d’accès » devient rapidement un atout pour qui cherche l’authenticité.
Meilleure période : Mai à début octobre. Privilégiez mai-juin pour la randonnée et les fleurs sauvages. Septembre offre le meilleur compromis entre météo et tranquillité.
Amorgos : Entre Spiritualité et Nature Brute
Amorgos s’étire sur 33 kilomètres de relief escarpé, culminant à 821 mètres. L’île a gagné une notoriété discrète grâce au film « Le Grand Bleu » de Luc Besson, tourné notamment à l’épave mythique d’Olympia.
Le monastère de Panagia Hozoviotissa, accroché à une falaise à 300 mètres au-dessus de la mer, est un incontournable spirituel et architectural. Fondé au XIe siècle, ce monastère byzantin abrite trois moines et offre une expérience hors du temps.
Chora, la capitale, conserve un charme médiéval avec ses moulins à vent, son kastro vénitien et ses tavernes familiales. Katapola et Aegiali, les deux ports principaux, servent de bases pour explorer les plages isolées comme Agia Anna ou Mouros.
L’île attire les randonneurs avec ses sentiers ancestraux reliant villages et monastères. Le GR de la Petite Randonnée propose plusieurs itinéraires balisés offrant des panoramas saisissants.
Meilleure période : Mai-juin et septembre pour la randonnée. L’été convient aux amateurs de baignade, bien que le meltemi (vent du nord) puisse souffler fort.
Conseils Pratiques pour Explorer ces Îles
Accès : Milos dispose d’un aéroport avec vols depuis Athènes. Folegandros et Amorgos sont accessibles uniquement par ferry depuis Le Pirée (6-8h) ou par liaisons inter-îles.
Hébergement : Privilégiez les pensions familiales et studios traditionnels. Réservez impérativement de mai à septembre.
Transport : La location de scooter ou voiture s’impose pour explorer librement. Les routes sont sinueuses mais généralement en bon état.
Gastronomie : Chaque île cultive ses spécialités - fromages de Folegandros, miel et câpres d’Amorgos, produits de la mer à Milos. Cherchez les tavernes fréquentées par les locaux.
Ces trois îles incarnent une Grèce authentique, loin des clichés touristiques. Elles récompensent le voyageur curieux avec des paysages à couper le souffle, une hospitalité sincère et cette sensation précieuse d’avoir découvert un secret bien gardé de la Méditerranée.